Mobilisation en Europe contre la directive Bolkestein
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Cath
Libération vendredi 10 février 2006
Les anti restent doublement mobilisés
Malgré le compromis, deux manifestations sont prévues à Strasbourg, demain et mardi.
par Hervé NATHAN
QUOTIDIEN : vendredi 10 février 2006
Il y aura deux manifestations à l'occasion de l'examen au Parlement européen de la directive services, plus populairement appelée Bolkestein (prononcez Bolkestène). La première rassemblera demain à Strasbourg les opposants à l'Europe libérale : associations (Attac, la fondation Copernic...), syndicats (CGT spectacles et Confédération paysanne) et partis de gauche (PCF) et d'extrême gauche (LCR), rejoints par le Forum social allemand. Dix mille personnes sont attendues pour exiger le «retrait» du texte.
Hier, Yves Salesses, président de la fondation Copernic, balayait le compromis entre le PPE et le PSE (lire ci-dessus) : «Ce compromis est un trompe-l'oeil, explique-t-il. Quoi qu'il en soit, le projet de directive demeure un hymne à la mise en concurrence.» Un membre d'Attac argumente : même si le principe du pays d'origine disparaissait, «il resterait la mise en concurrence fiscale : une entreprise pourra très bien déménager dans un pays fiscalement plus favorable . Ce mécanisme, jouant sur 70 % du PIB européen (la part des services, ndlr), il ne pourra que mettre à mal toutes les finances publiques et les services publics».
Les tenants du non au référendum sont rejoints, de fait, dans leur opposition au texte par les socialistes français, y compris ceux favorables à la Constitution. Pierre Moscovici, député socialiste européen «ouiste», se prononce ainsi pour un «rejet réformiste». «Le compromis PSE-PPE est un changement considérable, reconnaît-il, mais les services d'intérêt économique général (Sieg) ne sont pas exclus. Ce que nous voulons, c'est une directive spécifique sur les services publics.» Mais la position des socialistes français est surtout politique : «Le référendum pèse sur les parlementaires français. On ne peut pas faire comme si le 29 mai n'avait pas eu lieu.»
Mardi, jour de l'ouverture du débat au Parlement européen, la Confédération européenne des syndicats (CES) devrait réunir au moins 50 000 personnes, dont 8 000 Belges, 15000 Allemands et autant de Français. Hier, le bureau exécutif de la CES s'est réuni en urgence pour examiner le compromis. Elle salue un «changement fondamental», mais, en attendant «le résultat du vote», maintient son opposition au projet de directive.
Parallèlement à la réunion d'information et débat du mercredi 8 et du rassemblement prévu
samedi 11 à 11h30 place de la Magdeleine
nous faisons ces petites carte à l'atention de M; Chirac, il suffit de completer, signer et mettre à la boite, inutile de timbrer

Strasbourg refuse de renégocier le texte rejeté par la France et les Pays-Bas.
par Jean QUATREMER
QUOTIDIEN : vendredi 20 janvier 2006
Strasbourg (UE) envoyé spécial
Le Parlement européen refuse d'enterrer le traité constitutionnel. Pour les eurodéputés, ce texte est encore l'avenir de l'Union et ils l'ont affirmé hier haut et fort, au risque de crisper les citoyens français et néerlandais qui l'ont rejeté par référendum les 29 mai et 1er juin derniers. Par 385 voix contre 125 et 51 abstentions, ils estiment, dans un rapport organisant le débat qui doit avoir lieu durant la pause décrétée par les Vingt-Cinq en juin 2005, que «le maintien du texte actuel constituerait un résultat positif de [cette] période de réflexion». Mieux, ils préconisent que la Constitution entre en vigueur «en 2009». Autrement dit, le Parlement est prêt à un grand débat européen... à condition qu'au finale il ne change rien !
Révision complète. Tous les amendements proposant de renégocier ce texte ont été massivement rejetés. Ainsi, celui suggérant une «amélioration» de la Constitution a été rejeté par 416 voix contre 147. Même sort pour celui, plus radical, qui proposait qu'en cas de «révision complète du texte» un «mandat constituant soit défini». Tous les efforts des deux rapporteurs, le libéral-démocrate britannique Andrew Duff et le vert autrichien Johannes Voggenhuber, pour convaincre leurs pairs que l'Union devait se lancer dès à présent dans un processus de renégociation sont restés vains. Voggenhuber persiste cependant à penser qu'«on ne peut pas rassurer les Français sans modifier le texte» et que les Etats membres en prendront conscience tôt ou tard. Duff juge que la solution suggérée par Berlin d'annexer à la Constitution «un protocole social pour les Français et un protocole sur la subsidiarité pour les Néerlandais est simpliste : l'inquiétude de ces peuples est bien plus profonde que cela».
Ce sont, en particulier, les eurodéputés des treize Etats membres ayant déjà ratifié la Constitution qui ne voient aucune raison de rouvrir un compromis difficilement négocié à Vingt-Cinq. Surtout, ils jugent que leur oui vaut autant que le non franco-néerlandais. L'Allemagne, l'Autriche et la Finlande (qui compte ratifier le traité avant le 1er juillet, date du début de sa présidence de l'Union) sont à la pointe de ce combat. Les présidents des Assemblées nationales de ces pays ont même écrit une lettre au président du Parlement, Josep Borrell, pour refuser d'être associés au débat sur l'avenir de l'Europe puisque eux n'ont aucun problème sur ce point...
Divisions. Face à cette pression pour que la France revote sur le même texte, les élus hexagonaux se sont divisés. La grande majorité des socialistes français, «synthèse» oblige, se sont réfugiés dans l'abstention. Quatre d'entre eux ont néanmoins bravé les consignes et voté en faveur du rapport (dont Michel Rocard). Les Verts se sont aussi abstenus, sauf Marie-Anne Isler-Béguin et Alain Lipietz qui ont voté pour. Les communistes, les souverainistes de Villiers (le vicomte était absent, comme d'habitude) et le Front national (en l'absence des Le Pen père et fille) ont voté contre, comme un seul homme. L'UMP et l'UDF, elles, ont voté pour le rapport, sans hésitation.
Article de Libération aujourd'hui, je me suis permis de souligner l'attitude de certains de "nos" députés
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